Nous nous sommes retrouvés à la maison diocésaine de la Visitation pour notre promenade annuelle d’automne afin de partir à la découverte d’églises d’un vieux terroir situé à la limite du Hurepoix, sorte de triangle délimité par la Voise et la Drouette, affluents de la rive droite de l’Eure et à l’est par la Remarde.
Arrivés à l’église Saints Pierre et Paul d’Armenonville les Gatineau but de notre première étape, Charles Jobert en guise de préambule indique que nous serons amenés à visiter des églises rurales, très différentes, assez rustiques, construites en grès et silex ( sauf Gallardon en calcaire), couvertes de lambris en bois. Il reste peu de vestiges apparents de ces églises datant des 10ème et 11ème siècle et très endommagés par la guerre de 100 ans : ce sont donc plutôt des ensembles des 15ème et 16ème siècle que l’on visitera.
Armenonville les Gatineau : église Saint Pierre et Saint Paul
Il nous a suffi de regarder la façade de l’église pour savoir qu’elle était placée sous le patronage de Pierre et Paul : en effet les deux apôtres sont présents sous la forme de statues polychromes placées dans des niches.


Nous sommes accueillis par Madame Astier qui nous conte l’histoire de cette église qui fut une chapelle seigneuriale avant d’avoir été élevée au titre de paroissiale en 1671.
L’église possède une curieuse voûte lambrissée trapézoïdale à caissons et un demi confessionnal Malchus, qui n’a qu’une place en référence àMalchus, serviteur du grand prêtre Caïphe, qui eut une oreille coupée par Pierre lors de l’arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers.
Sur la voûte au-dessus du chœur on remarqua le Christogramme peint au centre d’un soleil, constitué des trois lettres JHS abréviation de l’expression «Jesus hominum Salvator», anagramme du Sauveur crée par Bernardin de Sienne pour exalter le Saint nom de Jésus.
Droue-sur-Drouette : église Saint Pierre
C’est une église restaurée, pimpante et bien entretenue. Le mur sud de la nef présente un appareillage de pierres plates inclinées à environ 45 °, en changeant de sens à chaque strate successive, donnant un aspect « d’arête de poisson ». Ce vestige du XIeme siècle est le témoin de la grande ancienneté de l’édifice.

Notre attention fut particulièrement sollicitée par une grande croix offrant une représentation rare et à portée théologique très forte du sacrifice de Jésus avec les instruments de la Passion appelées Arma Christi (photo). au nombre de 22 (échelle, lance, lanterne, dés, coq, tunique, éponge…) par allusion avec les 22 lettres de l’alphabet hébreux.
Ecrosnes : église Saint Martin
L’église du XIIIeme siècle à l’élégant mobilier classique, a bénéficié d’une importante restauration en 2004 récompensée par une subvention de la Fondation de la Sauvegarde de l’art Français.
Côté nord a été ajoutée une mince tour-clocher quadrangulaire et côté sud au XVIeme siècle. Il faut remarquer une sacristie et une vaste chapelle dédiée à la vierge, séparée de la nef et du chœur par deux arcades plein cintre.
Les visiteurs ont été séduits par la qualité de la voûte à bardeaux de bois dont les entraits, les poinçons et les sablières sont ornées de sculptures d’une grande variété. Sur le noeux placé à la jonction de l’entrait et du poinçon situés à l’entrée du chœur se voient deux ravissants angelots soutenant un blason aux vives couleurs.

Les bancs clos au rechampis vert tilleul assortis aux couleurs des lambris du chœur, créent une unité très harmonieuse.
Un magnifique tableau du XVIIeme siècle peint sur bois représentant le sacrifice d’Abraham est accroché au revers de la façade
L’accueil a été assurée Claude Bréant, veilleur, qui se joint à nous pour la photo de groupe prise devant le portail
Après une matinée riche en découverte nous avons pu bénéficier d’une pause et d’un repas salutaires au relais de la Miséricorde à Saint Symphorien le Château mis obligeamment à notre disposition par le chanoine Dominique Aubert son fondateur. Il a tenu à nous y accueillir personnellement en nous brossant un rapide historique des lieux ouverts à des groupes de retraitants. Profitant de l’occasion qui nous était donnée de nous retrouver très nombreux Charles Jobert tint à remettre à Chantal Genet un cadeau en remerciement pour son engagement et son dévouement au service le l’association comme administratrice et pendant six ans en qualité de présidente.


Bleury : église Saint Martin
Madame Couturier nous fait l’amitié de nous ouvrir les portes de cette église. Mme Hardy adjointe au maire nous a honorés de sa présence
Curieusement l’église n’a pas de façade. Nous y pénétrons par une porte latérale percée dans le flanc sud surmontée d’une arcade en anse de panier ornée d’un blason fleurdelisé.


Elle conserve l’intégralité de son mobilier ancien, ses bancs clos du XVIIIe, sa chaire à prêcher, son banc d’œuvre et dans le chœur un retable à colonnes cannelées ainsi qu’un lutrin en bois peint (Photo du lutrin). Mais l’intérêt de l’église réside essentiellement dans la chapelle seigneuriale élevée sur le côté nord en 1509, revêtue d’un ensemble exceptionnel de peintures murales mises au jour en 1881.Il s’agit en fait de la superposition de plusieurs couches picturales.
L’ébrasement des baies du chœur très finement décorés de motifs en stuc offrent une bonne image d’un décor du début du XVIIeme siècle.
Gallardon : église Saint Pierre et Saint Paul
L’Abbé Adam Galazka, curé de la paroisse nous fait l’amitié de présenter l’église de Gallardon en compagnie d’Isabelle Kamaroudis qui retrace la genèse du sanctuaire de la Miséricorde aménagé par les soins de l’Abbé Aubert dans la chapelle Sainte Marguerite en 2016 autour des reliques de sainte Faustine, saint Stanislas et saint Jean Paul II.

Charles Jobert nous décrit cette église placée sous le double patronage des Saints Pierre et Paul (XIeme- XVIIIeme siècle) . La majesté de son chœur du XIIIeme siècle happe le regard. Elle est construite en pierres blondes en calcaire extraites de la carrière de Germonval, hameau de Gallardon).
La nef est la partie la plus ancienne de l’église. Elle conserve quelques arcatures aveugles d’époque romane. Son voûtement est constitué d’un magnifique lambris de bois orné de caissons polychromes semblable à celui d’Armenonville par son décor peint, mais beaucoup plus vaste.
Le chevet, percé de multiples fenêtres au pied desquelles coure un triforium est puissamment épaulé par des contreforts à pinacles, et d’impressionnants arcs boutants dont on retrouve des similitudes avec ceux de l’église Saint-Pierre de Chartres. Les fonds baptismaux formés d’une cuve ovale en pierre et sculptés reposent sur un socle moderne. Le mobilier en bois du chœur et des chapelles a été confectionné par un artisan polonais et offert par des bienfaiteurs.
Les visiteurs ont vu leur curiosité attirée par les chaises du chœur, les bancs de la nef, les sièges des célébrants et des servants équipés depuis l’année 2017 d’un système de chauffage autonome.
Après quelques instants laissés à ceux qui souhaitaient se recueillir devant les reliques exposées dans le sanctuaire nous reprenions le car en direction du village de Saint Prest.
Eglise de Saint-Prest.
Notre arrivée à l’église de Saint Prest marque le terme de notre promenade. Monsieur de Marcellus nous en raconte rapidement l’histoire.

L’église actuelle a remplacé une église du IXeme ou Xeme siècle, dont il reste aujourd’hui la crypte. Les murs intérieurs de l’édifice sont entièrement revêtus de panneaux de bois. Le mobilier est important et d’une grande richesse. On remarque une chaire à prêcher et un banc d’œuvre sculptés d’une riche décoration rocaille dans le goût du style Louis XV, mais réalisée au XIXeme siècle. En revanche le riche tabernacle en bois doré et le monumental retable datent du XVIIeme siècle. Les vitraux (fin du XIXeme siècle) sont du maitre-verrier chartrain, Charles Lorin. La charpente en châtaignier est supportée par dix entraits, dont les 6 premiers sont terminés par des gueules de monstre dits engoulant . Le chemin de croix est dû à Monsieur Marcille ( Oisème)
Sur le mur sud s’ouvre la chapelle des saints forts du XIIeme siècle.qui renferme la châsse contenant les restes de Saint Prest, martyr chrétien du IIIeme siècle patron de l’église.
Comme de coutume, cette journée s’est achevée dans l’action de grâce par l’office des vêpres qui fut célébré par l’Abbé Christophe Besnier curé de la paroisse Saint Gilduin.
Une dizaine de kilomètres seulement nous séparaient de la maison de La Visitation terme de notre périple où chacun a pu faire part de sa satisfaction pour cette amicale journée dont la réussite est due à tous ceux qui ont œuvré à sa réalisation. Nous voulons particulièrement remercier le chanoine Aubert qui a mis à notre disposition les salles du relais de la Miséricorde, les abbés Adam Galazka et Christophe Besnier qui nous ont accueillis chaleureusement dans leurs églises, sans oublier Cécilia Laurent, notre nouvelle administratrice qui n’a pas ménagé son temps pour prendre tous les contacts nécessaires et s’assurer de l’ouverture de tous les édifices visités.
