Sortie d’automne le 15 septembre 2026

15 septembre 2026

Un temps splendide sans chaleur excessive a favorisé notre promenade annuelle d’automne en ce mardi 15 septembre où nous nous sommes retrouvés à près de 60 adhérents devant l’église Saint Sulpice d’Ecublé. Certains sont venus par le car parti de la Visitation et d’autres nous ont rejoints en voiture particulière.

Nous sommes accueillis par le président de l’association qui sera notre cicérone tout au long de cette journée. Tout d’abord il souhaite la bienvenue à ceux qui pour la première fois participent à notre sortie. Après nous être regroupés dans le cimetière il attire notre attention sur le blason qui surmonte la porte latérale sud de l’église à l’arcade en anse de panier aujourd’hui murée. Les armoiries qui y figurent sont celles de la famille Illiers, la mitre épiscopale placée à l’arrière de l’écu permet de penser que René d’Illiers, évêque de Chartres mort en 1509, fit certainement bénéficier l’église de ses largesses. 

L’édifice se présente comme la plupart des églises rurales de le région : voûtée d’un lambris de bois, composée d’un simple vaisseau sans collatéraux ni transept.  Nous sommes surpris par la richesse des larges vantaux de la porte d’entrée et par les deux confessionnaux inclus dans les lambris ceinturant les murs intérieurs ornés de délicates et élégantes sculptures de style rocaille. La présence d’un cœur sur les portes des confessionnaux attire la curiosité des visiteurs. Cet élément n’est pas simplement décoratif : il se retrouve fréquemment sur les confessionnaux du XVIIIe et représente le symbole de la miséricorde, qui signifie étymologiquement  l’ouverture du cœur à la misère des hommes qui a donc toute sa place dans ce lieu où est donné aux pécheurs le pardon de leurs fautes. 

C’est ensuite à l’église Saint Paul de Chêne-Chenu que nous nous arrêtons. Après avoir considéré avec attention la corniche ornée de fines sculptures renaissances qui courre autour du chœur, nous entrons et sommes surpris de trouver deux importants retables, l’un placé comme il se doit dans le chœur l’autre plaqué le long du mur nord. Autre anomalie : la présence d’une poutre de gloire non pas dressée  à l’entrée du sanctuaire mais élevée au revers de la façade. Ces étrangetés s’expliquent par le dépôt de meubles provenant de l’ancienne église de Villette-les-bois démolie en 1912. Nous en découvrons le témoignage sous la forme de tableautins peints sur le gradin du retable représentant deux épisodes de la vie de saint Germain d’Auxerre patron de l’église abattue.  Dans le chevet notre attention est appelée sur la présence de plusieurs vitraux du XVIe s représentant des scènes empruntées aux Actes des apôtres. Certaines sont peu représentées, comme le baptême du centurion Corneille parfois désignée sous les termes de «Deuxième Pentecôte» car elle  montre l’Esprit Saint descendant à la demande de saint Pierre sur des païens se faisant baptiser ou la chute de Simon le magicien précipité du ciel sur la terre.

Une salle municipale mise très obligeamment à notre disposition par la commune de Tremblay-les-villages nous attend toute prête pour le déjeuner. Nous sommes rejoints par monsieur Pelletier le maire venu nous faire  l’honneur de nous saluer. Charles Jobert profitant de l’opportune présence du maire lui demande s’il pouvait nous faire ouvrir l’église Saint Martin de Tremblay  dont la visite permettrait de combler l’avance que nous avons prise sur l’emploi du temps. C’est ainsi que grâce à la disponibilité d’une employée municipale nous pouvons, pour la première fois dans l’histoire de nos visites automnales, ajouter dans la plus totale improvisation une église à notre programme. Les portes s’ouvrent devant nous et nous permettent de voir un vaste édifice, certes ancien, mais totalement redécoré en 1874. Paré de boiseries de bois sombre de style néogothique, les murs  couverts de peintures représentant des épisodes de la vie publique du Christ à la facture académique, garni d’un mobilier «troubadour». L’église renferme toutefois un seul et unique  vestige du passé sous la forme d’un panneau de vitrail remontant au début du XVIe montrant la Vierge à l’enfant  avec le donateur à ses pieds.

En début d’après-midi tout près de là, nous découvrons l’humble église Saint Denis de Serazereux où nous accueillent Thierry Anseaume adjoint au maire et la secrétaire de mairie qui nous relatent l’aventure que fut la restauration de l’église victime de la mérule et de l’absence de tout entretien sérieux pendant plusieurs décennies. Cette visite permet à notre association de rendre hommage au courage d’une municipalité et à la pugnacité d’une association de sauvegarde du patrimoine et de les féliciter pour le travail accompli malgré de maigres moyens financiers et les revenus lilliputiens d’une commune rurale d’un plus de 500 habitants. Après avoir admiré la qualité de la restauration, plus particulièrement celle de la voûte aux bardeaux de bois et des lambris de chêne du XVIIe couvrant les murs du sanctuaire, nous repartons en direction du village voisin d’Ormoy.

C’est avec beaucoup de joie que nous retrouvons l’église Saint Eloi visitée treize ans plus tôt par notre association, d’autant plus que depuis lors elle a pu bénéficier d’une restauration exemplaire. Celle-ci nous est présentée par la maire de la commune, madame Sylvie Challe, qui nous relate l’effort réalisé par sa petite commune pour mener à bien des travaux devenues urgents en raison entre autre de la vétusté de la couverture.  Ceux qui ne connaissent pas cette église mais aussi qui l’ont déjà visitée éprouvent un ravissement devant le ravissant et complet ensemble du XVIIe siècle miraculeusement conservé, composé de l’arc de triomphe, du retable, des lambris, du lutrin et jusqu’au porte cierge pascal peint en faux marbre et décoré de délicates chutes de fleurs, de vanneries renfermant des fruits  peints au naturel dans des teintes délicates qui ont gardé  toute leur fraîcheur. Cela donne à ce lieu l’aspect intime d’un boudoir. Notre guide pique notre curiosité en nous montrant, logé dans le mur, un ancien obituaire destiné à contenir  les obits c’est à dire les donations faites à la paroisse en échange de messes célébrées le jour anniversaire de la mort du donateur. L’illustration de cette tradition nous est immédiatement donnée par la présence dans le sol de la pierre tombale anépigraphe et sur le mur, gravé sur une dalle de pierre, l’obit du défunt donateur légataire  à sa paroisse d’une rente foncière.

Ils nous fallut  parcourir à peine  cinq kilomètres pour parvenir au terme de notre promenade et nous regrouper au pied de la robuste tour du XIIIe de l’église Saint Lubin de Boullay-Thierry. Nous y sommes aimablement accueillis par le maire de le commune Frédéric Giroux et madame Jahouel présidente de l’association de sauvegarde du patrimoine. Cette dernière a tout spécialement à notre attention fait sortir de leur carton plusieurs précieux ornements liturgiques du XVIIIe. C’est ainsi que nous découvrons le trésor de cette église, à savoir l’un des très rares vestiaires sacrés antérieurs à la Révolution conservé dans le département. Plusieurs chasubles du XVIIIe siècle et un ensemble somptueux de chapes et de dalmatiques sont exposés dans le chœur et placés devant l’imposant retable en bois doré aux sculptures recouvertes de feuilles d’or du temps de Louis XIV, blasonné aux armes des Favier, seigneurs du lieu et propriétaires du château voisin. C’est revêtu de cette chape aux couleurs liturgiques du jour que Don Hyacinthe Baudoin préside les vêpres de la fête de Notre Dame des sept douleurs qui permirent de clore dans l’action de grâce cette magnifique journée.

Tous les participants s’accordent pour dire que cette journée a été un moment privilégié de rencontres et d’amitié, un temps de nouvelles découvertes inattendues autant que passionnantes. Ce succès nous le devons à l’engagement de tous ceux qui y ont contribué. Nous tenons  à particulièrement remercier Gilles Pelletier pour le prêt de la salle municipale, les maires et les élus pour leur accueil,  les responsables des association de défense du patrimoine pour leur dévouement. Nous adressons également toute notre gratitude à Don Louis Marie Duport curé de la paroisse Sainte Jeanne de France en Vallée d’Eure et Don Hyacinthe Baudoin pour sa disponibilité.

Nous nous donnons tous et toutes rendez-vous à l’année prochaine pour de nouvelles découvertes.